L’Art de l’Amour au Temps des Geishas…ben en fait, non!

japon1L’Art de l’Amour au Temps des Geishas. Titre attirant pour la naïve profane que je suis en matière d’estampes nippones cochonnes! Dire que je me suis précipitée vendredi dernier car c’était le dernier jour de l’exposition à la Pinacothèque de Paris!

Moi qui m’attendais à de jolies estampes représentant de délicates courtisanes se lissant les cheveux, prenant leur bain ou se livrant à des massages tendrement érotiques, j’avoue que je suis tombée de haut! Aïe! Après quelques images et tryptiques délicieux représentant des courtisanes sous leurs ombrelles ou devant leur coiffeuse, ce ne sont bien vite que séries sans fin de coïts crus et poilus qui se sont succédés tout le long de l’exposition. Des organes féminins et masculins monstrueux dont le but était visiblement plus d’exciter que d’instruire. J’avais le sentiment de revoir sans cesse la même image malgré les différents auteurs (les maîtres de l’érotisme warf warf, dont je vous dispenserai les noms!  ) et la finesse des motifs sur les draps et les kimonos. Les mêmes visages aux yeux fermés, les minuscules bouches rondes et pincées, les orteils recroquevillés de plaisir, les jambes dépassant ça et là des montagnes d’étoffes comme des membres isolés.

Enfin, voyons le bon côté des choses! A présent, je sais qu’un Shunga n’est pas seulement le nom d’une boîte de nuit mais une image érotique japonaise.

Et je comprends enfin la célèbre expression « Je lui ai montré mes estampes japonaises » qui restait pour moi un mystère.

Allez, retour un peu déçu de l’Empire des Sens mais au moins, maintenant, je sais…

Un article un peu plus enthousiaste que le mien.

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Narendra Modi lance la Clean India Mission : Impossible ?

Morning Sweeping

Comme il n’a cessé de le clamer lors de sa campagne électorale, le Premier Ministre indien Narendra Modi veut non seulement laver la société indienne de la corruption,- vaste programme -, mais aussi passer un coup de balai sur les problèmes d’hygiène pour lesquels l’Inde est encore tristement célèbre!

 Le 2 octobre 2014, Modi a donc enfourché son jharu magique, symbole brandi habituellement par l’Aam Admi Party, et a entrepris sa grande campagne « Swachh Bharat Abhiyan ». Cette date n’est pas anodine, puisque c’est la date de naissance du Mahatma Gandhi, celui-là même qui prônait la corvée de latrines pour tous, quelque soit sa caste, et qui aurait prononcé cette célèbre phrase : Sanitation is more important than independence.

Le but de cette campagne est donc de rendre l’Inde totalement immaculée d’ici le 2 octobre 2019, le jour du 150ème anniversaire de Gandhi, façon de lui rendre un hommage posthume selon le Premier Ministre.

Modi passe le jharu à Delhi

Sweeping Modi

Mais pour mener à bien une telle mission, Modi a dû se mettre en quête d’ambassadeurs influents, de personnalités semi-divines pour motiver le simple mortel et le convaincre d’empoigner son jharu deux heures par semaine! Aussitôt Modi, aussitôt fait ! Les stars indiennes se sont mises au ménage !

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Ainsi, sur Twitter, Hrithik Roshan annonce fièrement qu’il a dégainé son Cillit Bang Bang et nettoyé les alentours de sa résidence de Juhu. Trop fort! J’espère qu’il ne s’est pas froissé un muscle ! Quelques jours plus tôt, c’est un Salman Khan concentré et pantalons retroussés, que l’on a vu jouer les Monsieur Propre dans les rues de Karjat avec son association Being Human. Aamir Khan, dans son émission Satyamev Jayate a prodigué de précieux conseils pour réutiliser les ordures ménagères ! Broom5

Enfin, Sachin Tendulkar himself a lâché la bat pour le manche à balai tandis que l’écrivain Sashi Tharoor et la belle Priyanka Chopra (photo ci-dessus) mettaient en péril leur manucure dans cette mission sanitaire « basée non pas sur des considérations politiques mais sur le patriotisme », dixit Madhuri Modi.

broom7Parallèlement, des milliers de fonctionnaires et de volontaires anonymes s’emploient un peu partout en Inde à rendre leur pays plus propre. Les projets fleurissent dans les écoles et universités où de jeunes porte-paroles informent des comportements à adopter pour respecter l’environnement (recyclage des déchets, diminution des émanations de carbone…). Des entreprises distribuent des flyers sur les règles d’hygiène et offrent des balais à la population ! Le mur Facebook de My Clean India se couvre de photos « avant-après » de citoyens qui ont nettoyé une partie de leur quartier. Un concours de vidéos a même été organisé par le gouvernement avec des prix en milliers roupies pour les gagnants.

 Mais tout ceci n’est qu’une goutte d’eau de Javel dans la mer, disent certains, car à l’instar de la lutte pour le respect des femmes, le chemin est encore long avant de changer les mentalités et d’éduquer l’ensemble de la population. Il ne suffit pas de balayer sa rue une fois pour être définitivement débarrassé du problème. Et comme le dit très justement le blogger Prasanth Aby ThomasCe dont on a besoin d’abord, ce n’est pas de nettoyer un lieu mais de nettoyer notre comportement”. Il explique par exemple que la pénurie de toilettes en Inde n’est pas seulement due à un manque de moyens mais aussi au fait que beaucoup de personnes ne comprennent pas leur utilité. Autre exemple, dans un article passionnant du site du NY Times, le fondateur de Naandi Foundation qui installe des centrales pour obtenir de l’eau potable, déplore que beaucoup de villageois ne comprennent pas que l’on doive purifier son eau alors que leurs ancêtres la buvaient directement du puits.

Tracing Waste

Recyclage à ciel ouvert

 En outre, que faire de ces détritus ramassés avec tant de d’enthousiasme patriotique? Comment ensuite les gérer, les détruire, les recycler ? Les infrastructures sont-elles suffisantes ? Nous avons tous en mémoire ces reportages montrant des enfants cherchant leur pitance dans des tas d’ordures fumants.

Mais Modi semble déterminé, il parle d’installer plusieurs millions de toilettes et d’aider à améliorer le système de traitement des déchets. Pendant ce temps, le peuple indien, devra nettoyer, récurer et surtout changer ses vilaines habitudes pour le bien de tous ! Car si de nombreuses associations n’ont pas attendu Modi pour faire reculer la pollution et l’insalubrité en Inde, la nouveauté louable de cette campagne est la volonté de faire prendre conscience que ce combat citoyen concerne chaque membre de la population ! Un pour tous et tous pour un, en quelque sorte !

D’ailleurs, quand il aura fini, si Modi et son balai pouvaient venir faire un tour à Paris, là aussi il y a encore des progrès à faire!

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Burraahh! Le Bhangra, la Zumba de Demain?

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Clickez sur les images pour voir les sites d’où elles proviennent.

Depuis l’invention de l’automobile, aller transpirer entre quatre murs est devenu pratique courante. Aérobic, fitness, danse africaine, salsa, zumba… les moyens de s’agiter en cadence se succèdent au fil des décennies. Actuellement, c’est la sueur ethnique qui est tendance. Après les rythmes latins de la zumba, c’est au bhangra de faire son apparition timide dans nos salles de gym françaises.

Mais, je devine la question qui vous brûle les lèvres: c’est quoi, le Bhangra?

Et bien, le bhangra est une dance folklorique issue du Punjab rural, dans le Nord de l’Inde. Vous voyez, les messieurs à turbans qui secouent leurs épaules avec les index en l’air, ben, c’est ça!

Baisakhi!

Baisakhi!

Initialement, on dansait le bhangra pour les grandes occasions, comme la fête des moissons (la Baisakhi). D’ailleurs, il n’est pas rare d’utiliser des mots à connotation joliment bucolique pour nommer tel ou tel pas. Par exemple, fasla imite plus ou moins le mouvement que fait le vent dans les champs ou mor chal, la marche du paon..

Même si le bhangra tel qu’on le connaît aujourd’hui semble avoir une certaine uniformité dans ses pas et enchaînements, il est né cependant de nombreuses danses punjabi…citons au hasard le jhoomer (la danse des voleurs!), la luddi ou le dhankara… Il y a donc UN SEUL bhangra mais plusieurs origines.

Le Bhangra, danse folk et communautaire

Cette danse étant au départ plutôt liée à la communauté Punjabi ou Pakistanaise, masculine, de surcroit, il était donc plus fréquent de voir du bhangra lors de compétitions dans des universités, lors de festivals liés au sous-continent asiatique ou encore lors des mariage Musulmans ou Hindous. Ces grand oiseaux colorés, mi-arlequins, mi-soldats éblouissaient le public mais un public qui se contentait d’admirer.

C’est ce qu’il se passait jusqu’à présent, en France. Les Waris Bhangra, la Desicrew Bhangra Team, pour les hommes, et

Les Masti Punjabi Di

Les Masti Punjabi Di

les Masti Punjab Di pour les filles, font un véritable tabac partout où ils dansent mais passent rarement du côté de l’enseignement et les stages et cours de bhangra à Paris ont toujours été occasionnels.

Et puis un jour, le Bhangra a envahi le monde…

Mais le bhangra a tout pour plaire : cardio, rythme, coordination, bonne humeur, et difficultés relatives si l’on s’en tient aux enchaînements de base.

Ainsi, ce fut une véritable déferlante dans certains pays comme les USA, la Grande Bretagne, l’Australie où les originaires d’Asie du Sud sont nombreux. Les universités d’Amérique du Nord regorgent de troupes bhangra, les flashmobs ont envahi Youtube et en Grande Bretagne, les musiciens punjabi s’acoquinent avec les groupes de pop, de reggae ou de rap. Moi-même, j’avoue que j’ai eu du mal à choisir les illustrations de cet article, tant les photos et sites consacrés au bhangra et au Punjab sont nombreux sur internet!

La chose que l’on pourrait craindre, et qui est parfois décriée par les puristes, ce serait une perte d’authenticité. Remplir des salles de danse de nénettes sautillantes en leggings et en baskets pourrait réduire le bhangra à une sorte de fitness où il faudrait rester les bras en l’air le plus longtemps possible. Heureusement, en France, nous n’en sommes pas encore là!

bhangraMais alors, mon cher Wat-singh, où peut-on danser le bhangra en France?

Depuis Octobre 2014, at last!, des cours réguliers ont fait leur apparition à Paris.

Ainsi, le Jeudi à 20h30, Métro Robespierre, c’est Nandini et son mari Nirmal Singh, créateurs de la troupe Masti Punjab Di, qui vous enseignent le bhangra et aussi le Giddha.

Le Vendredi, à la même heure, métro Alesia, c’est Tushar Malgaonkar, chorégraphe à Bolly Deewani qui vous fera secouer des épaules au rythme du dhol.

A vous de faire votre choix et de vous laissez guider…mais apportez quand même une bouteille d’eau…voire deux!

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Prix Nobel de Littérature, Prix Nobel de la Paix, écrire est notre arme la plus puissante…

If you want to change the world, pick up a pen and write. (Martin Luther King)

Jour de joie et de fierté pour les Français et les Sud-Asiatiques suite à la remise des Prix Nobel. Bien sûr, les deux catégories ne sont pas les mêmes mais l’émotion est présente malgré tout:

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Commençons par la littérature, dont le Prix Nobel a été décerné au français Patrick Modiano. Albert Camus et Le Clézio avaient déjà été gratifiés de cet honneur suédois, en 1957 pour le premier et en 2008 pour le second.

J’avoue que cette nouvelle m’apporte une joie davantage chauvine que réelle, n’ayant jamais vraiment été une grande admiratrice de Modiano dont le style n’est pas de ceux que j’affectionne le plus. Des phrases courtes. Ou longues, mais hâchées de virgules; je lui préfère l’opulence et la générosité d’un style à la Zola . Paris et les souvenirs, les souvenirs de Paris et le Paris des souvenirs sont un de ses thèmes récurrents.

Dannie, Paul Chastagnier, Aghamouri, Duwelz, Gérard Marciano, « Georges », l’Unic Hôtel, rue du Montparnasse… Si je me souviens bien, j’étais toujours sur le qui-vive dans ce quartier. L’autre jour, je l’ai traversé par hasard. J’ai éprouvé une drôle de sensation. Non pas que le temps avait passé mais qu’un autre moi-même, un jumeau, était là dans les parages, sans avoir vieilli, et continuait à vivre dans les moindres détails, et jusqu’à la fin des temps, ce que j’avais vécu ici pendant une période très courte.(Extrait L’Herbe des Nuit chez Gallimard, 2012)

Concernant le Prix Nobel de la Paix, il a récompensé deux personnes. Malgré leur différence de nationalité et de réligion très symbolique, les deux ont fait de la lutte pour le droit des enfants leur cheval de bataille.

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Malala Yousafzaï, tout d’abord, que l’on ne présente plus et dont même mes élèves de 6ème connaissent l’histoire, lutte pour l’éducation des enfants. Fille d’un poète pakistanais, issue de la tribu des Pashtuns, elle a eu le courage de militer pour le droit des filles à aller à l’école en écrivant un journal pour la BBC alors que les Talibans mettaient le Swat, sa région, à feu et à sang; ils tentèrent même de la tuer mais au lieu de devenir une martyre, elle est devenue une icône.

Présente devant les Nations Unis à l’âge de 15 ans,: Malala a prononcé cette phrase désormais célèbre: Prenons nos cahiers et nos crayons, ce sont nos armes les plus puissantes.

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Kailash Satyarthi, 60 ans, lutte quant à lui depuis 30 ans contre la trafic d’enfants en Inde et ailleurs et leur exploitation dans les ateliers clandestins de briques, de bangles et surtout de tapis.

Souvent comparé à Gandhi pour son côté non-violent, il fondera le Bachpan Bachao Andolan ( Save Childhood movement) en 1983; il guidera la Marche Mondiale contre le Travail des Enfants de 1998 et recevra de nombreux prix internationaux . Mais Satyarthi aura eu plus de chance que le Mahatma, ce dernier ayant été assassiné avant d’avoir été nominé pour le Prix Nobel de la Paix.

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Kâma Sûtra dans l’alcôve de la Pinacothèque de Paris (Partie 1)

kama sutra5 Le Kâma Sûtra est une obsession occidentale. Les Indiens en arrivent à le vendre sous le dhoti aux touristes qui visitent le Taj Mahal. Ce ne sont généralement que de tristes reproductions des miniatures les plus connues. A l’Ouest, il prend souvent la forme de guides sexo-psycho-pratiques qui proposent diverses positions pour pimenter les couples d’un XXIème siècle ennuyeux.

La Pinacothèque de Paris a finalement décidé de remettre les pendules à l’heure en rappelant que cette oeuvre rédigée au IVè siècle (les chercheurs ont du mal à se mettre d’accord), et dont le but est la recherche du Kâma (= l’amour) n’a rien d’une BD porno ni d’un titre de film érotique.

Dès l’entrée de l’exposition, on est dépaysé: des salles aux murs de couleurs rose, jaune ou orange, couleurs d’épices, couleurs de la holi, couleurs de l’Inde, se suivent et s’emboîtent les unes aux autres, parfois surélevées, formant coins et recoins, lieux idéaux pour une découverte du Kâma Sûtra. J’ai particulièrement aimé les bancs en forme de divan où le visiteur fatigué peut s’alanguir quelques instants!

Kâma Sûtra-mode d’emploi:

Illustré bien plus tard au XVIè siècle pour l’empereur dysléxique Akbar, il ne faut pas oublier que Sûtra se traduit aussi par Traîté et était donc à l’origine uniquement un texte. Composé de 7 parties, il avait pour but de servir de guide aux jeunes aristocrates et aux femmes les entourant. Mais on a beau me dire que les descriptions détaillées des 64 asanas ( positions) ne concernent que le chapitre 2, les autres chapitres représentés semblent quand même largement explicites! Le père Vatsyayana, auteur du fameux mode d’emploi, était certes chaste, mais malgré tout, bien informé sur la godriole grâce aux conseils avisés de quelques sages mystérieux.

Casse-noix de betel coquin

Casse-noix de betel coquin

Ainsi, dans la partie 7 sur les Pratiques Occultes, Vatsyayana nous ouvre même son sexshop et vante les mérites decertains objets ou aphrodisiaques. On peut donc admirer en fin d’exposition, un bric-à-brac lubrique; des phallus pour faire peur aux filles lors de la Holi, des instruments de musique coquin, des receptacles en tout genre, des casse-noix de betel à l’effigie de deux amants, un plastron en acier permettant aux hommes de jouer des rôles de femmes à la poitrine généreuse lors de rites religieux.

Kâma Sûtra-religion

La première partie de l’exposition est ma préférée car c’est celle qui, finalement, en dit le plus long sur l’Inde. Le Kâma Sûtra a une légitimité divine. Le Kâma est le troisième objectif dans les vies des Hindous après le dharma (le devoir) et l’artha ( la réussite matérielle ). Pas étonnant de le retrouver ainsi partout: sur les temples, sous forme de sculptures tantriques, mais aussi à l’intérieur des temples où les Shiva lingams apportent fertilité et chance. Quant aux galipettes de Krishna et de ses multiples gopi, elles ne sont pas sans rappeler l’amour de Dieu pour ses créatures.

Les sadhus, malgré leur supposé ascétisme, sont aussi généreusement représentés, notemment sous forme de sculptures et apportent une touche pitoresque en jouant avec leur longue barbe et leur longue verge. Le rôle des femmes des dieux hindous n’est pas oublié; les statuettes en bois de Kâma et sa femme Rati, à dos de perroquet sont absolument…divines!

Temple de Khajuraho

Temple de Khajuraho

Même la zo*philie vient trouver ici sa justification religieuse! En effet, nous explique-t-on, le principe de réincarnantion rend tellement flou la frontière entre l’homme et l’animal, qu’il est facile de comprendre par exemple, la fameuse scène du cheval sur les murs des temples de Khajuraho. Permettez-moi tout de même de rester dubitative sur ce point car je pense pour ma part que les artistes ont eux aussi parfois le droit de s’amuser. D’ailleurs, j’aime particulièrement le dessin représentant une femme et un l’éléphant qui ressemblerait à s’y méprendre à une illustration de livre pour enfants!

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(A suivre…en clickant ici)

Images issues du magazine Connaissance des Arts.

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Le Kâma Sûtra s’illustre à la Pinacothèque de Paris (Partie 2)

Deux Amoureux dans un Jardin (XXè siècle) Peinture sur Ivoire

Deux Amoureux dans un Jardin (XXè siècle) Peinture sur Ivoire

Reprenons notre découverte de l’exposition dont vous pouvez trouver la partie 1 ici.

Le Kâma Sûtra-oeuvre d’Art:        Le Kâma Sûtra a inspiré un nombre incroyable d’artistes de tous les siècles et en inspirent encore aujourd’hui. Et je suis prête à parier, qu’à part les quelques jeunes couples pouffant devant le zizi- du-monsieur-dans-la-dame, la plupart des visiteurs étaient surtout là pour l’Amour…de l’Art!

Les illustrations concernant le volume sur l’Art de Faire l’Amour, la fameuse partie 2, constituent certainement les plus beaux moments de l’exposition. J’ai eu un véritable coup de coeur pour l’Ecole de Jodhpur du 19è siècle et ses miniatures dont les couleurs et les détails des paysages éludent à eux seuls les coïts des protagonistes, qui, bien qu’explicites, passent vite au second plan.

Amour dans le lit défendu (Tamil Nadu)

Amour dans le lit défendu (Tamil Nadu)

J’ai eu aussi le frisson pour les sculptures faites dans un bois particulièrement épais donc la couleur et la brillance reflètent parfaitement la chaleur et le mouvement des corps humains. Celle représentant deux amants adultères se pressant de faire l’Amour dans le lit défendu est particulièrement troublante.

Le Kâma Sûtra-égalité des sexes:   Contrairement à certains clips vidéo contemporains, les représentations du Kâma Sûtra ne sous-estiment pas le rôle de la femme, même si à cette époque, son statut était bien différent du nôtre.

Couple Royal dans leur Chambre, Mysore 19è s.

Couple Royal dans leur Chambre, Mysore 19è s.

L’homme et la femme, peints ou sculptés, semblent toujours ne faire qu’un dans leur union et même parfois se ressemblent étonnement (voir photo de gauche). Ce brave Vatsyayana encourage ainsi les hommes à bien traiter les femmes s’ils veulent qu’elles soient satisfaites et de ce fait les rendent heureux. « Une femme est délicate comme un pétale de rose… » La femme est ainsi un symbole de fécondation, d’harmonie et de plaisir et non un objet méprisable.

Malgré tout, en découvrant la magnifique statuette en bois mettant en scène une bouvière entre deux jeunes nobles, je n’ai pu m’empêcher de me demander si la paysanne était finalement consentante…

Pour aller plus loin dans ce thème, en parcourant le texte de Vatsyayana, on reste quand même dans l’ambiguïté devant, par exemple, la longue liste de femmes à ne pas prendre pour épouse! Ainsi, est à éviter, entre autres: celle qui a le nez déprimé, celle qui a un front proéminent, celle qui est une amie, voire même celle qui porte le nom de l’une des 27 étoiles! Pourtant, après une longue énumération étrange, Vatsyayana conclue avec indulgence: Mais, (…) on ne peut être heureux qu’en épousant une fille à laquelle on s’attache, et, conséquemment, on ne doit pas épouser d’autre fille que celle qu’on aime. (Partie 3: l’Acquisition d’une Epouse) Ouf!

Le Kâma Sûtra-monde charnel libre:   L’ouverture d’esprit de ce texte et des oeuvres d’art qui les accompagnent peuvent faire rêver quand on la compare à l’Inde d’aujourd’hui.

L’adultère, par exemple, est largement traité, que ce soit du côté de la femme ou de l’époux! Vatsyayana n’hésite pas à prodiguer ses conseils pour pénétrer dans les harems tout en mettant en garde le galopin, bien sûr! Une miniature montrant un homme aidé de sa maîtresse à s’introduire dans une maison à l’aide d’une corde avait quelque chose de très Vaudevillien!

(Détail) Jeune Femme après le Bain (Punjab) 19è s.

(Détail) Jeune Femme après le Bain (Punjab) 19è s.

J’ai été un peu déçue par la partie de l’exposition consacrée aux Courtisanes. J’imaginais des miniatures montrant des scènes de danse, de fêtes, des sculptures de Devadâsî ( courtisanes rattachées à un temple) aux seins ronds et parées de tissus soyeux… et finalement, non. Les miniatures exposées n’apportaient rien de spécialement différent par rapport aux précédentes. Une autre preuve, certainement, que ces filles de joie de l’époque étaient respectées au même titre que les autres femmes et avaient un vrai rôle social, voire même divin!

En quittant cette exposition riche et superbe, j’ai réalisé qu’une chose me manquait à présent: le texte intrinsèque du Kâma Sûtra. Car je n’avais vu principalement que des objets et représentations érotiques, ce que les artistes avaient bien voulu produire. Le texte du Kâma Sûtra promet bien plus. Quid des 17 baisers? Des 8 formes de griffures dans la peau? Qu’en est-il de la jalousie, du choix d’un conjoint, des femmes de harems? De la fidélité? Vatsyayama traite-t-il de la contraception ou du rôle des enfants dans la vie du couple?

Le Kâma Sûtra renferme encore certainement de nombreux mystères!

Photos prises dans le magazine Connaissance des Arts Hors Série

Pour lire d’autres articles sur cette expositions:

Post du magnifique blog Namaste Salam! Le Kâma Sûtra s’expose à Paris.

Le Figaro.fr: La Pinacothèque revisite le Kâma Sûtra.

Le site d’Alka Pande, commissaire de l’exposition

Jeux de coussins (Ecole de Jodhpur) pigments sur papier

Jeux de coussins (Ecole de Jodhpur) pigments sur papier

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Cours de BollyFollowMe: Quand l’Utile rejoint l’Agréable

CopyRights BollyDeewani

Vous connaissez ma passion pour la danse Bollywood. C’est devenu pour moi, non pas un simple hobby mais un équilibre de vie. Si les cours de danse indienne se multiplient dans toute la France, à Paris, l’un des leaders est sans nul doute l’association Bolly Deewani.
Bolly Deewani, pour vous faire une idée, est pour la danseuse bollywood débutante ou confirmée ce que le Japon est aux amateurs de mangas ou le divan en cuir aux griffes de Garfield ; un monde idéal! Un monde où virevoltent danseuses, scintillent paillettes, et s’enchaînent chorégraphies endiablées.
Parmi toutes les activités proposées ( kathak, kollywood, bollywood, bhangra, stretching et bolly fitness…) ce sont surtout les cours de Bolly Follow Me® qui ont attiré mon attention.
Je m’y suis donc essayée innocemment un soir, Porte de Vanves…

Les pas de base de toute une culture…
Mené par Tushar, ce cours  innovant en France, consiste en l’apprentissage des pas de base de la danse Bollywood.
Et oui, les pas de base! Vous avez bien entendu, ou tout du moins, bien lu! La danse Bollywood est bien une danse à part entière avec sa propre technique, ses codes, son langage et…ses difficultés! Car ses pas sont issus à la fois des danses classiques traditionnelles ,folkloriques mais aussi d’enchaînements créés par des chorégraphes éminents comme Farah Khan ou Ganesh Acharya pour des films Bollywood devenus des classiques.
Ainsi, nul ne saura danser correctement comme une Madhuri ou un Shahid s’il ne maîtrise pas le dipping (1), le thumka (2) ou le pick up (3)!
Mais le but principal de ce cours, est aussi de s’amuser tout en s’adonnant par la même occasion à la fameuse activité physique que nous conseillent sans cesse les médecins. Se vêtir d’une jolie kurti, s’imprégner d’une ambiance indienne, s’initier à une culture tout en transpirant, que demander de plus? Oh, si, peut-être une bonne tasse de chai et un bain chaud après l’effort!

Déroulement du cours… et des hanches…
Le cours commence dans une ambiance détendue mais studieuse, ou Thushar décompose les mouvements les un après les autres pour ensuite nous les faire répéter de plus en plus vite, de manière de plus plus énergique et en musique ( ce soir-là, c’était le légendaire Chaiya Chaiya).
Etant une fidèle de la danse Bollywood depuis deux ans, je pensais que ce cours s’adressait plutôt aux profanes et que cela allait être pour moi une promenade digestive. Que nenni! Ce petit roulement-déroulement-enroulement de hanches exécuté avec tant d’aisance par Tushar était finalement plus facile à regarder qu’à faire! Mais pas de panique: “Une fois que vous avez acquis les mouvements, personne ne pourra plus vous les faire oubier,” nous a-t-il assuré.

Après une heure, je suis revenue séduite par ce galop d’essai, par l’ambiance, le sourire de mes condisciples, par le savoureux Tushar, et par le fait que j’acquérais peu à peu les outils qui me permettraient de mieux comprendre les enchaînements des chorégraphies et de peut-être un jour, pourquoi pas, devenir la Farah Khan de la porte de Vanves!

Pour infos, allez sur le site de Bolly Deewani

(1) Sautillements où un pied frappe le sol, permettant de donner un rythme et une harmonie d’ensemble à une chorégraphie.
(2) mouvement de hanches
(3) Sorte d’aller-retour que font les hanches ou les épaules pour se replacer plus facilement du côté voulu.

Et allez, juste pour le plasir:

Propriété photos à BollyDeewani

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Brikabrak: Des trucs marrants qu’on voit en Inde…

Un petit  séjour au Gujarat et on voit des petites choses marrantes, mignonnes, sympathiques…

Comme ça:

La Maison d’E.T. (Baroda)

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Moto spéciale Mousson…

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On ne crache pas dans les centres commerciaux! (Ahmedabad)

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Une poubelle qui parle… (Baroda)

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Hrithik Roshan vous donne envie d’écrire…

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Un chien qui prend la pose… (Ahmedabad)

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Coucou!

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De la poussière…sur une moto…

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Un singe qui envoie un texto…

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Une peinture murale avec Modi dessus (Ahmedabad)

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Une dame qui accouche sur les murs d’un temple… (Patna)

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Pourquoi aller en Inde alors qu’on a tout à l’Ouest? (part 1)

Pffff… Pas la peine de s’émerveiller devant les trésors de l’Inde! Nous avons la même chose en Occident! Voyez plutôt!

TAJ MAHAL / SACRE-COEUR

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Le Sacré-Cœur, dont la blancheur et les formes arrondies rappellent les courbes laiteuses de son collègue indien, fait lui aussi le bonheur des touristes ravis de déambuler dans les rues de Montmartre pour rechercher, non pas le fantôme de Mumtaz, mais bien l’esprit d’Amélie Poulain !

Côté vendeurs à la sauvette, la Basilique de Paris n’a rien à envier à l’imminent caveau d’Agra. Le plus difficile sera en fait de choisir entre le dépliant sur les monuments de Paris et la version simplifiée du Kama Sutra illustré !

BABAS ET EQUIPE DES PAYS BAS:

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Tout aussi agiles et arborant avec fierté leur maillot orange, cette fine équipe de babas semble tout aussi déterminée et volontaire que les footballers des Pays Babas. D’ailleurs, que ce soit parmi les sadhus ou chez les Hollandais, la consommation de certaines herbes est tolérée et elles n’ont rien à voir avec la pelouse d’un terrain de football !

 TAJ MAHAL HOTEL (Mumbai) / HOTEL NEGRESCO (Nice)

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Pourquoi faire une dizaine d’heures d’avion pour aller dans un hôtel de luxe au bord de la mer, alors que nous avons (presque) le même au bord de la Méditerranée ! Tous deux ont connu les grands de ce monde et des périodes historiques plutôt houleuses : construits tous les deux au début du XXème siècle, (le Taj par Tata, le Negresco par…heu…Negresco),  les bâtiments furent utilisés comme hôpitaux militaires pendant la première guerre mondiale avant d’accueillir des personnages illustres : Salvador Dali et Grace Kelly pour le palace français, Brad Pitt et Deep Purple pour le palace indien ! !! Chacun ses valeurs…  (info Wikipedia)

 SHAH RUKH / MICHAEL:

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 Ok, c’est juste une question de coupe de cheveux… et puis y’en a un qui est plus vivant que l’autre!

 AAMIR KHAN / ROBBIE WILLIAM:

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Ok, encore une histoire de coupe de cheveux…

VARANASI / COTE D’AZUR (entre autres):

why_varanasi    Cannes bondée

Vous rêvez à des rives ensoleillées et bondées de gens à la peau brune qui se livrent à d’étranges rituels et font des ablutions à moitié nus dans des eaux polluées ? Pourquoi vous embêter à aller à Varanasi quand vous pouvez étendre votre serviette sur les plages de la Méditerranée au mois d’août ?

A suivre…

NB: Je n’ai pas pris les liens des photos. Si vous reconnaissez une des votre, faites-moi signe et je noterai le lien vers votre site.

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Harry Potter sur les murs du vieux Bikaner…

Bizarre…

Catégories : Cinéma, L'Inde en images, Voyages | Poster un commentaire

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